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Ce qui nous sépare, Anne Collongues


Au pays de : « Un soir d’hiver, dans un RER qui traverse la capitale et qui file vers une lointaine banlieue au nord-ouest de Paris. Réunis dans une voiture, sept passagers sont plongés dans leurs rêveries, leurs souvenirs ou leurs préoccupations […] »

La plume de l’auteure est fine et psychologue, et malgré parfois un trop-plein d’images qui paradoxalement atténuent la puissance des mots, les portraits sont délicats, les histoires touchantes. Les morceaux de vie qu’Anne Collongues nous offre à voir nous rattrapent, on les connaît parfois, pour les avoir vécus, pensés, imaginés. Pour y avoir assisté.

L’humain

Rendez-vous dans un RER désert avec ces gens. Ceux que l’on croise sans jamais vraiment faire attention. Que l’on regarde « et puis s’en va ». De ceux dont on ne cherche même pas à imaginer la vie. À quoi bon ? Ces humains mi-gris mi-beige. Simples, couleurs naturelles.

Couleurs de cette vie, un peu triste, cette vie d’habitudes. Ces habitudes que l’on crée, en l’espace de quelques secondes, inconscients alors des choix que l’on fait.

Rendez-vous donc avec eux, avec leurs vies. Leur avant, leur après et leur maintenant. Avec cette souffrance sourde, cotonneuse, celle de la vie qui passe.

L’espoir

C’est vrai. C’est triste. Certes, ce qui les sépare, ces usagers d’un soir ou d’une vie, les rapproche, et ce trajet, révolution en lui-même nous le laisse entrevoir. Mais Ce qui nous sépare nous renvoie surtout à nous, à notre histoire passée ou future. Le livre d’Anne Collongues nous donne un indice, vital. Un conseil essentiel. Gardez toujours un œil sur vous. Ne vous séparez jamais de vous-même.

Ce qui nous sépare n’est pas un roman choral. Est-ce même un roman ? C’est un itinéraire, le plan d’une ligne, où les histoires se succèdent comme les stations s’évanouissent. Ce wagon, spectateur, devient agrégateur de vies. Chaque histoire passe le témoin à l’autre. Et elles finissent par partager des phrases comme chacun partage le même wagon.

Rendez-vous dans un RER désert, avec des gens. De ceux que l’on croise sans faire attention. Rendez-vous avec vous.

La phrase : « En vivant sans ambition elle pensait éviter les déceptions, elle se trompait. »

Le tip : Laissez-vous bercer.

L’itinéraire : Anne Collongues, Ce qui nous sépare, Actes Sud, 2016. 176p.

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