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Verre cassé, Alain Mabanckou


Paroles d’une libraire, pour lire l’Afrique, lire Verre Cassé d’Alain Mabanckou. Je m’embarque volontaire, dans ce bar congolais crasseux. J’ai ri, presque pleuré, ma mémoire littéraire a été titillée, mon rythme de lecture bouleversé. Tous ces clichés de lecture pour aucun d’écriture.

Au pays de : « Verre cassé est un client assidu du Crédit a voyagé, un bar congolais crasseux. Un jour, le patron lui propose d’écrire les histoires héroï-comiques des habitués, une troupe d’éclopés aux destins pittoresques… »

Le voyage

« […] chaque page d’un livre que j’ouvrais retentissait comme un coup de pagaie au milieu d’un fleuve […] ».

J’ai cherché mon souffle. Dans chaque page du livre. Aucune règle ni majuscule ni point. À vous d’entrer dans l’histoire, de lire comme si vous écriviez, de vous approprier les mots pour enfin retrouver votre souffle. Placez vos points, suivez les virgules, retrouvez les majuscules. À chaque phrase un nouveau voyage, un coup de pagaie.

Et comme chaque jour dans un voyage, mille histoires s’offrent à nous.

Le narrateur d’Alain Mabanckou est un écrivain. Un écrivain de comptoir. L’alcool, son encre. Les habitués, son inspiration. Il connaît déjà la fin de son histoire. Elle est prévue.

Rien ne l’annonce.

La subtilité

« […] on ne réalise pas un rêve avec des mots […] »

Au comptoir de l’écrivain, les références littéraires se bousculent, conscientes ou non, toujours a propos en tout cas. J’en ai sans doute raté, faute de savoir. Celles que j’ai découvertes sont délicieuses. Entre clin d’oeil humoristique, hommage ou critique discrète. Distillées avec humour, elles ne sont jamais de trop.

Dans les pages de son carnet, des anecdotes. En filigrane, sa vie. La raison de sa présence ici, au « Crédit a Voyagé », au coin de la rue. Et, délicatement, les raisons de ses choix futurs. Verre cassé n’est peut-être pas écrivain, mais m’a donné envie d’écrire. Je garde en tête sa conception : « il faut de [la] vie derrière les mots […] ».

Verre Cassé a un secret. Un secret d’amour. Son histoire est pittoresque, comique. Elle est profonde et émouvante.

Le plaisir de découvrir Alain Mabanckou n’aura d’égal que l’impatience de le lire, encore.

La phrase : « […] je lui ai envoyé ma vipère au poing dans la figure […] »

Le tip : trouvez votre rythme, reprenez votre souffle, inventez vos points.

L’itinéraire : Alain Mabanckou, Verre Cassé, Éditions Points, 2005. 256 p.

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