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Women, Charles Bukowski


Le jour où j’ai acheté Women, de Bukowski, j’ai aussi acheté Contes de la folie ordinaire, du même auteur.

Ne le connaissant que de nom, sans même vraiment savoir quel était le style d’écriture, ou même les sujets abordés, j’avais décidé qu’il fallait que je le lise. Oui, comme ça. Tout à coup. Pour combler un manque. J’avais la sensation qu’il était le genre d’auteur à connaître au moins, à avoir lu, au plus.

Pour appréhender la bête sans pour autant souffrir d’un excédent de pages, j’ai décidé de commencer par Contes de la folie ordinaire, autrement dit, le plus petit livre des deux.

Tout à fait honnêtement, ma mémoire - fidèle à elle-même- me fait défaut, et je ne me souviens plus trop du contenu des Contes. Tout ce dont je me souviens, c’est de mon ressenti lors de sa lecture : je n’ai pas aimé. Je crois même l’avoir fini, un peu forcée, un peu honteuse, tant du contenu que de mon sentiment. Un peu bonne élève aussi : ça n's’fait pas d’arrêter un bouquin.

Au pays de

« Henri Chinaski, c’est Bukowski lui-même, un écrivain alcoolique et grand amateur de femmes. Elles défilent dans ce récit, véritables créatures felliniennes ».

La (grosse) appréhension

Alors, quand est venu le tour de Women - j’ai une pile désordonnée dans laquelle je pioche selon mon humeur , j’avais un bel a priori. J'y allais même un peu à reculons.

Et les premiers chapitres n’effacent pas cet a priori. C’est familier. C’est sexuel. C’est l’autobiographie d’un senior obsédé. Autant dire que l’identification au personnage n’est pas hypra simple.

La compréhension

Et pourtant, assez rapidement, je le comprends, ce vieux dégueulasse.

Parce qu’il a l’habileté de ne pas seulement coller des expériences foireuses avec des nanas plus ou moins hystériques. Il est sensible à sa personne, est capable de se rendre compte de lui-même. De se comprendre et de se détester. De s’analyser puis de s’accepter. Il est fin. Brut, fin et en marge.

Je crois qu’il est de ceux qui savent que la vie est dégueulasse. Et que c’est comme ça.

J’ai eu envie de continuer de le lire. Pour voir où ça nous menait, lui et moi.

La phrase : "En beaucoup de domaines, j'étais un sentimental : des chaussures de femme sous le lit ; une épingle à cheveux abandonnée sur la commode ; leur façon de dire "je vais faire pipi..." ; les rubans qu'elles mettent dans leurs cheveux ; descendre le boulevard avec elles, à une heure et demie de l'après-midi, deux personnes marchant ensemble, simplement ; les longues nuits de beuverie, de tabagie, de discussions ; les scènes ; penser au suicide ; partager un repas en se sentant bien ; les plaisanteries, les rires absurdes ; sentir les miracles dans l'air ; ensemble dans une voiture en stationnement ; comparer les amours d'antan à trois heures du matin ; s'entendre dire qu'on ronfle, écouter ronfler ; les mères, les filles, les fils, les chats, les chiens ; parfois la mort, parfois le divorce, mais toujours continuer, s'accrocher ; lire seul le journal dans une buvette et sentir une nausée te retourner l'estomac, parce que maintenant elle est mariée avec un dentiste ayant un Q.I de 95 ; les courses de chevaux, les parcs, les pique-niques dans les parcs ; même la prison ; ses amis sinistres, tes amis sinistres; ton goût pour la gnôle, son goût pour la danse ; ta drague, sa drague ; ses pilules, tes baises en douce, et elle qui fait pareil ; dormir ensemble..."

Le tip : à ne pas lire dans le métro

L’itinéraire : Charles Bukowski, Women, Editions Le livre de poche, 1978, 382p.

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