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La maison du Bosphore, Pinar Selek


J’ai enfin réussi à commencer un nouveau livre.

Quand je dis commencer, évidemment, ce n’est pas exactement le bon terme… J’entends plutôt, « j’ai enfin réussi à entrer dans mon nouveau livre », aka, « j’ai passé haut la main la dixième page ».

Après avoir passé des mois sur Mon nom est rouge (Orhan Pamuk) - dont un bon mois sur les deux-cents premières pages, j’avais décidé de faire plus léger et de lire un des livres qui a changé la vie d’un de mes proches : Et il me parla de cerisier, de poussière et d’une montagne », d’Antoine Page.

Il faisait beau, je l’ai lu en deux jours.

Et puis après, j’ai eu du mal à recommencer.

Je savais ce que j’allais lire ensuite. C'était décidé. Mais non, ça ne venait pas.

Hier, c’est venu.

Au pays de

« Quatre jeunes épris de liberté [qui] cherchent leur place dans une société figée depuis le coup d’état de septembre 1980. La condition des femmes et des minorités, les conventions sociales, l’oppression politique : tout leur pèse ». Voyage en Turquie.

L’appréhension

Je savais d’emblée, grâce à la quatrième de couverture, qu’il y aurait plusieurs personnages. Exercice parfois difficile, j’avais déjà un peu buté lors de ma lecture de Mon nom est rouge (décidément). Ajouter à l’équation des prénoms de personnages qui ne sont pas familiers (turcs), et le chemin devient rapidement rude.

Par ailleurs, son titre me rappelait déjà différentes oeuvres turques, que j’ai lu au cours de l'année 2015. Cela peut paraître anodin, mais après La maison du silence (Orhan Pamuk) et L’autre rive du Bosphore (Theresa Rhévay), j’avais peur de compléter une monomanie stambouliote, sans pour autant trouver un intérêt, une patte, à chacun d’entre eux.

Le soulagement

Souvent, après l’appréhension vient le soulagement. Je tenterai, promis, d’avoir des sous-titres plus aguicheurs.

Pourtant, c’est le mot. Oui, j’ai su suivre Hasan, Handé, Elif, Sema, Salih, Djemal, Kemal, et leurs histoires qui s’entremêlent, sans trop de difficultés et avec un vrai plaisir.

La maison du Bosphore aurait pu être de ces livres où l’on arrive à la moitié du bouquin, sans vraiment savoir comment, et en se demandant, toujours, si L est le frère de C ou le mari de X, elle-même belle-soeur de la mère de C. Je n’ai pas refait l’équation à l’envers, et il est bien possible que l’inceste se soit pris les pieds dans mon exemple.

Tout ça pour dire que…

La délicatesse

Et la fluidité. Tout est doux et fluide. Les histoires sont en soie. Malgré l’époque et les différents temps conjugués. Les questionnements d’une génération, les combats. Tout est doux. Beau et léger.

Je n’en suis pas à la moitié, mais pour quiconque aime faire résonner l’écho d’une ville et de ses habitants (ici, Istanbul et les stambouliotes), je ne saurais que conseiller… le début de ce livre.

Le détail qui me fait continuer ?

Les titres des chapitres. Une vraie poésie, parfois naïve, parfois abstraite, qui donne envie, avant d'en commencer un nouveau, de s’attarder quelques minutes sur ces mots, ode à l’imaginaire…

La phrase : " Il nous reste un demi espoir. "

Le tip : lisez et lisez-le. J’ai déjà envie de le relire.

L’itinéraire : Pinar Selek, La maison du Bosphore , Éditions Liana Levi, 2013, 319p.

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