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Péplum, Amélie Nothomb


Au pays de : « L'ensevelissement de Pompéi sous les cendres du Vésuve, en 79 après Jésus-Christ, a été le plus beau cadeau qui ait été offert aux archéologues. À votre avis, qui a fait le coup ? Pour avoir deviné un des plus grands secrets du futur, la jeune romancière A. N. est enlevée pendant un bref séjour à l'hôpital, et se réveille au XXVIe siècle, face à un savant du nom de Celsius. » *

"Majestatif", "quandoquité", "ontogenèse", "réversabilité anionique", "transplantations temporelles", "sophisme", "symptomatologie", "aphorisme", dialoguisme, nothombisme peut-être ?

Oui, vous y êtes, oui, nous y sommes. Beaucoup de mots, de syllabes et de tirets dans ce dialogue original, sans nul doute, entre Amélie Nothomb elle-même, écrivaine de son état et un érudit de l’an 2580.

Péplum nous invite au cœur même de la science, et de la fiction.

Vraiment ?

L’exaspération

Ma rencontre avec le texte se fait dans la douleur. Je n’accroche pas et ne comprends quasiment rien. J’ai un véritable a priori sur l’auteure et m’interroge nécessairement sur l’influence de ce préjugé. J’insiste et continue de lire, certainement plus animée par la déception de « ne pas finir » que par une curiosité ravageuse.

Mais mon sentiment accroche et s’accroche à ma lecture. Amélie Nothomb me donne l’impression d’écrire de haut et de s’écouter écrire. Les phrases fusent. Le dialogue est enlevé. Il est éreintant. Il est fulgurant. Sa rapidité nous propulse dans un tourbillon de répliques presque trop bien pensées, dans un ping-pong de mots qui paraissent parfois n’être là que pour être là.

Alors le mot juste sonne faux. Amélie Nothomb ne semble pas m’avoir donné la clé pour m’accorder.

Le dialogue, pourtant objet du livre, m’est alors presque insoutenable et se déroule finalement entre une Amélie Nothomb pseudo autocritique envers elle-même (son « vrai elle ») et un savant.

N’est-ce pas, en fin de compte, un dialogue entre soi et soi ? N’est-il pas simple excuse pour exercice de style ?

L’indécision

Le dialogue, aussi farfelu et indigeste soit-il, m’intrigue. Le concept m’interpelle. Et le plus dérangeant est que Péplum n’est définitivement pas dénué de fond.

Et si, et si ? Et si l’objectif du livre était justement de paraître imbuvable ?

Se joue-t-elle de nous ? Amélie Nothomb ne pousse-t-elle pas son cynisme à l’extrême ? Choisit-elle cette matière étrange comme outil de dénonciation ? Effectivement, le dialogue aborde un nombre incalculable de réflexions : sur l’oligarchie, le rôle de l’écrivain, la fracture béante entre le nord et le sud, le pouvoir, les castes, la capacité des populations à apprendre de leurs erreurs, l’évolution.

Je reste indécise et garde en moi le désagréable sentiment que l’on s’est joué de moi. Un jour, très certainement, je retomberai sur Amélie Nothomb et peut-être effacerai-je cette impression ?

La phrase : « Et le pouvoir d’ouvrir les yeux, vous le n’aviez pas ? Vous étiez écrivain […] ».

Le tip : Éloignez-vous du dictionnaire, et continuez, éventuellement, à lire.

L’itinéraire : Amélie Nothomb, Péplum, Éditions Albin Michel, 1996. 216 p.

* Quatrième de couverture issue de la collection Livre de Poche

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