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Personne n’a oublié, Stéphanie Exbrayat


Personne n’a oublié est une histoire dramatique, une plongée dans les années d’après-guerre encore meurtries par l’indicible, une histoire d’amour et de promesse : celle d’une mère pour son enfant décédé. Plus qu’une intrigue, c’est une quête que l’on lit. De la vérité s’échappera la liberté. Et l’indépendance.

Au pays de : « Sam, huit ans, tombe du haut d’une grange et meurt le crâne fracassé. Pour sa mère Colette, impossible de croire à un accident. Elle soupçonne François, son mari, un homme violent et secret, de ne pas être étranger au drame. Dix ans auparavant, Colette, enceinte d’un autre homme, a été contrainte de l’épouser. Dès lors, son mari a imposé la terreur et la tyrannie au sein de leur foyer. »

Personne n’a oublié est le premier roman de Stéphanie Exbrayat. Je connais ses nouvelles, publiées sur son blog Qui ne dit mot. J’ai apprécié leur puissance, j’ai été frappée par leur réalisme. J’avais hâte de lire un format long de cette auteure.

La simplicité

Stéphanie Exbrayat sait utiliser les mots justes. Mots justes et efficaces. Ensemble cohérent.

Et si le simple peut parfois paraître banal, il est finalement — et paradoxalement — difficile d’écrire simple. Or, le simple est fort.

Et les premières pages, les premiers chapitres de Personne n’a oublié me paraissent simples. Ils coulent de source. L’intrigue est là. Elle est construite. Les personnages sont là, ils se meuvent. Se débattent ou restent muets. Alors j’ai peur. L’intrigue sera-t-elle trop simple, trop évidente ? Vais-je m’ennuyer ? Cela va-t-il ressembler à une ordinaire et triste enquête d’une mère sur la mort de son fils ?

L’emballement

Et c’est là, discrètement, que le talent de l’auteure opère. Dans la simplicité. Cette simplicité crée l’espace nécessaire à une intrigue bien menée, portée par un contexte très travaillé. En un tour de page, je me trouve happée par cette enquête à rebondissements. Dans l’évidence des mots percutants, je retrouve l’efficacité de l’auteure, qui, avec une douceur qui est sienne, n’épargne aucune description crue et violente.

Les évènements sont maîtrisés et si, parfois, certains dialogues paraissent clichés, ou du moins naïfs, Stéphanie Exbrayat est là pour nous rappeler l’époque à laquelle se déroule son roman. Une époque où les femmes ont besoin de l’accord de leur mari pour travailler, pour bénéficier de leur propre compte en banque et où l’expression « mandat domestique » existe. Une époque où la couture peut offrir un sentiment de liberté aux femmes et où, oui, il en faut du courage pour coudre un pantalon.

L’histoire est dramatique et pourtant, de ce premier roman, je retiens surtout l’image de la Femme. Ces femmes, qui cherchent désespérément une place à leur valeur. Derrière l’intrigue, l’histoire revêt une dimension plus profonde et plus sociale. De la quête de vérité d’une mère à la recherche de liberté et d’indépendance d’une femme.

La phrase : « Écoute les oiseaux, tu verras bien ensuite. »

Le tip : Prévoyez de le lire d’une traite, ou presque.

L’itinéraire : Stéphanie Exbrayat, Personne n’a oublié, Ed. Terra Nova, 2017. 272 p.

Le guide : Livre envoyé par Stéphanie Exbrayat.

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