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Vous n’avez pas vu Violette ?, Marie Sizun


Vous n’avez pas vu Violette ? est un recueil de nouvelles de Marie Sizun. Avec une poésie du quotidien, les textes de l’auteure se présentent comme des variations autour de l’amour et du désamour, de la naissance de l’un, comme de l’autre. Ces thèmes sont importants. Leur traitement m’a parfois laissée interdite.

Au pays de : « Elles s’appellent Claire, Sophie, Fanny, Marion ou Violette. Elles sont très différentes mais ont quelque chose en commun : un absolu besoin de liberté. »

La nécessité

Que c’est important de savoir que tout peut exister, que tout existe, qu’il y a autant de façons d’agir que de réagir. Qu’il y a plusieurs façons d’aimer et de le dire, et qu’il y a tout autant de formes de désamour que de manières d’y survivre.

Qu’il est nécessaire de le comprendre, pour savoir repérer, pour soi-même ou pour les autres, les situations nocives. Qu’il est nécessaire de lire ces mots pour se libérer de ses interrogations, pour sortir de l’exceptionnel.

Les nouvelles de Marie Sizun, tantôt courtes, tantôt plus étoffées, plongent le lecteur au creux des vagues, à l’instant libérateur de la prise de conscience, à celui, asphyxiant de la révélation.

L’interrogation

Mais j’ai beau souhaiter ressentir dans tous ces récits de femmes ce besoin fondamental de liberté - comme la quatrième de couverture l’indique - je n’en retire parfois qu’un sentiment de malaise et d’aliénation.

Les histoires sont dures, violentes. Violentes, d’une part, parce que Marie Sizun les rend si subtilement communes et simples que, des probables messages d’espoir ne ressort qu’une immense tristesse. Violentes, aussi, parce que le talent de narrateur de Marie Sizun décrit tellement précisément le quotidien, que pour certaines nouvelles, sous couvert de dénoncer des situations insupportables, les mots les banalisent. Alors, si je comprends l’objet de ce recueil, l’objectif parfois m’échappe.

C’est là, je crois, que se cache la difficulté de l’exercice : chercher à montrer le caractère ordinaire de situations invivables sans les transformer en cliché du genre (l’homme salaud et la femme soumise, l’homme soumis et la femme hystérique). Peut-être est-ce là toute la dénonciation : sous le cliché, le quotidien. Au quotidien, restons vigilants. Peu importe le cliché, pourvu qu’il y ait liberté.

La phrase : « La mer : le mot suffisait pourtant à m’enchanter. »

Le tip : La nouvelle « Cadeau » est absolument magnifique.

L’itinéraire : Marie Sizun, Vous n’avez pas vu Violette ? , Éditions Arléa, Collection 1er mille, 2017. 184 p.

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