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Tendre est la nuit, Francis Scott Fitzgerald


Au pays de : « Années 1920. Rosemary Hoyt est une jeune actrice talentueuse en villégiature à Monte-Carlo. Elle fait la rencontre de Dick et Nicole Diver, un couple incarnant l’image même du bonheur. Tendre est la nuit est l’histoire d’un amour aussi salvateur que destructeur, le chef-d’œuvre romantique de F. Scott Fitzgerald. »

Tendre est la nuit et longue a été ma lecture. Comme j’aurais aimé m’éprendre de Dick, triste et magistral charmeur, comme toutes les autres femmes qu’il croise. Tout au contraire, faire sa connaissance m’a été désagréable. Me débattant pour ne pas me laisser emporter par la tristesse de sa vie, j’ai perdu, à plusieurs reprises, le fil de la nuit.

La naïveté

Pourtant, au début de ma lecture, j’étais aussi naïve que Rosemary, jeune actrice, jeune première, laissant libre cours à ses premiers émois.

Toutes deux dans l’attente d’une histoire, belle, passionnelle et passionnante, nous avons l’une comme l’autre été partiellement satisfaites, entre les lignes. Rosemary et moi avons attendu longtemps le hasard de la vie. Patientes, à l’écoute, nous l’avons attendu cet homme, psychiatre changeant et amoureux des femmes. Femmes-satellites, nous l’avons trouvé parfois ; il nous a égarées, bien plus souvent, tournant autour d’un même soleil, sa femme, sa plus étincelante rencontre, son plus sombre drame.

L’égarement

Tendre est la nuit est un roman choral, psychologique et sombre, où les époques et les personnages se mêlent et s’entrechoquent. Peut-être n’ai-je finalement pas été attentive, suffisamment attentive, prise dans la vie et dans la leur. Peut-être n’étais-je pas prête pour cette histoire, annoncée puissante, révélée complexe et difficile.

Mon incompréhension structurelle du début liée aux changements de lieux et d’époques s’est muée progressivement en incompréhension psychologique. J’ai compris le sens et la puissance du roman : alors que l’état mental de sa femme schizophrène s’améliore, Dick, son mari et médecin, sombre dans une mélancolie profonde. J’ai compris l’intensité dramatique de ces 500 pages riches en histoires et circonvolutions. Mais la pesanteur du contexte, le malaise et le mal-être des personnages n’ont eu de cesse que de m’entraîner contre mon gré.

J’ai lutté contre leurs sentiments, leurs drames, leurs semblants et faux-semblants. J’ai lutté contre ce livre.

Posons les armes. Peut-être reprendrais-je un jour, cette bataille, plus apaisée et ouverte, pour enfin découvrir, à sa juste valeur, ce chef-d’œuvre d’un autre temps.

La phrase : « En s’éloignant d’un chagrin, il semble qu’il soit nécessaire de refaire en sens inverse chacun des pas qui nous y avaient amené. »*

Le tip : Choisissez votre moment.

L’itinéraire : F. Scott Fitzgerald, Tendre est la nuit, Éd. Le livre de poche, 1981 (première édition 1934). 512 p.

* Orthographe reprise de l’édition du Livre de Poche, 1981.

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