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Le pays sans nom, Anna Moï


Au pays de : « Elles sont deux écrivaines nées dans le même pays. C’est le Viêt-nam… et ce n’est pas le Viêt-nam. C’est le Pays sans nom. À partir de ce fil, Anna Moï déambule avec Marguerite Duras dans des lieux qui leur sont mythes communs […] »

J’ai lu Le pays sans nom il y a quelques semaines, mais il est déjà loin. Des bribes me reviennent à mesure que les couleurs se peignent sous mes yeux. Du sombre et du puissant, de l’aquarelle passée. Ce pays sans nom semble s’évaporer si les souvenirs qui lui sont attachés ne sont pas convoqués. Je me hâte alors, de peur que tout s’efface.

De souvenirs en déambulations, Anna Moï redécouvre Marguerite Duras. Elle la découvre aux lecteurs, aussi, en creux, en vrai et en faux, entre souvenirs, mots et inventions.

L’interrogation

C’est d’abord à destination d’initiés que Le pays sans nom se révèle. Il me parait difficile d’approche et de compréhension pour ceux qui n’ont pas, ou pas encore, lu Marguerite Duras. Je l’ai lue, mais ne connais pas toute son œuvre, et me retrouve aux frontières du pays lorsque l’auteure, à plusieurs reprises, fait référence à L’amant. Elle est précise et délivre des mots et des passages comme tant de souvenirs de lectrice qu’elle expérimente « en vrai », dans leur pays commun.

J’erre donc dans le noir, éclairée par des images mentales neuves et des références à un livre inconnu.

La pudeur

C’est la douceur des souvenirs et la précision des descriptions, comme déambulations mémorielles qui se révèlent ensuite. Et qui pansent, petit à petit, mon absence de références. La langue, claire, sans fioritures est honnête. Pudique.

Par pudeur, d’ailleurs, je laisse Anna Moï deux pas devant, dans cette histoire de mémoire à double objets. Son lien à Marguerite Duras se dessine en mots, et son amour perdu se gomme. À cet homme inconnu, elle adresse quelques mots entre des souvenirs, quelques souvenirs entre les mots.

Je suis donc de loin cette silhouette aquarelle rappelant aux souvenirs la tendresse de la vie.

La phrase : « Une rive est une fin et un commencement, tout dépend de l’endroit, physique, où l’on se place. »

Le tip : Connaître l’œuvre de Marguerite Duras pourrait être un plus.

L’itinéraire : Anna Moï, Le pays sans nom, Éditions de l’Aube, 2017. 144 pages.

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