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Un petit carnet rouge, Sofia Lundberg


Stockholm, Paris, New York. C’est ici et bien ailleurs que Sofia Lundberg propose dans Un petit carnet rouge de retracer l’histoire d’une jeune Suédoise malmenée par la guerre, se démenant par amour, et menée à délivrer, au crépuscule de sa vie, ses souvenirs à la seule famille qui lui reste. Une lecture émouvante, malgré les quelques instabilités d’écriture et de scénario.

Au pays de : « À 96 ans, Doris habite seule à Stockholm. Elle n’a plus aucune famille si ce n’est une petite-nièce qui vit aux États-Unis. Son bien le plus précieux est un carnet d’adresses, qu’elle possède depuis 1928. Ce calepin rouge contient le souvenir des gens qu’elle a rencontrés au fil de son existence, et dont elle a rayé les noms à mesure qu’ils ont quitté ce monde. […] »

L’indifférence

La lettre A, celle par qui inévitablement un carnet d’adresses débute, ne m’atteint pas. Les mots, phrases et chapitres entamant ce premier roman ne m’accrochent ni ne m’attrapent. Ils me mènent étonnamment à la lettre I, celle qui, généralement, n’abrite que peu de monde. L’Indifférence est bien là, pourtant.

Je lis, comme coupablement soulagée de ne pas avoir à éprouver mon intelligence avec cette auteure journaliste. Philip Roth me parait loin. Rien ne va pas, tout n’est pas mal. Pourtant, l’Incompréhension qui précède de quelques lignes l’Indifférence, m’irrite. Je n’arrive pas à imaginer le parcours de l’auteure : pourquoi m’abandonne-t-elle brusquement alors même que je m’apprêtais à joindre enfin l’autre rive, l’autre page, celle du « j » de Justesse ?

Car si les changements de rythme et d’écriture du scénario peuvent m’importuner, la Justesse des émotions transmises ne peut rester lettre morte, et sauve, de J à Z, la fin du roman.

L’attendrissement

Les échappées de sentiments et les descriptions délicates sont tant d’instants agréables permettant de soutenir le voyage, du passé au présent, des vies aux disparitions. Certes, il faudra passer par des actions et instants de vie peu plausibles, caricaturaux, autorisant souvent à déplorer la nécessité d’en passer par eux pour créer un roman. Mais cette belle fibre humaine réussit à me mener au dernier quart du roman, sensible et émouvant. Aussi vrai que les liens d’amour que lient une femme en fin de vie à sa petite-nièce.

Il me faudra attendre un second roman pour pouvoir déterminer si les instabilités d’écriture que j’ai pu ressentir sont l’exacte représentation d’un style suédois, l’étonnante écriture d’un traducteur, ou les traces sensibles d’un premier roman.

La phrase : « Il n’y a rien de plus parfait qu’un amour perdu ».

Le tip : Une parfaite lecture d’été, à condition d’être bon public.

L’itinéraire : Sofia Lundberg, Un petit carnet rouge, Éditions Calmann Lévy, 2015 (traduction française, 2018). 368 pages.

Le guide : Un très grand merci aux Éditions Calmann-Lévy de m’avoir offert un avant-goût de la littérature suédoise !

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