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Korsakov, Eric Fottorino


Korsakov, c’est un livre dont je n’ai presque pas envie de parler. Je sais que les mots ne me viendront pas, ou maladroitement. Trop faibles, ils ne feront pas honneur à la qualité d’écriture, à la beauté des phrases, aux jeux de mots habiles, à la fine construction d’un beau roman. Très beau.

Au pays de : « […] D'abord, d'un passé noir comme l'abandon. D'une enfance triste à Bordeaux dans les années soixante, de l'absence d'un père de sang. De la folie de toute une famille où ma mère n'a pu tenir debout que par l'amour de Marcel Signorelli. Lui nous a donné son nom, celui de son propre père, Fosco, le cavalier magnifique du désert tunisien, dont les récits m'ont fait voler dans la lumière. Un coup de soleil pour la vie, que souhaiter de mieux quand celle-ci se dérobe ? Me voici enfant et ancêtre, par la grâce de Korsakov. […] »

La découverte

« Ils se tiennent chaud avec des presque et des peut-être, des demain si Dieu le veut. Dieu ne veut jamais. »

C’est presque un livre dont je n’ai pas envie de parler, parce qu’il me parait essentiel que chaque lecteur découvre tout par lui-même. Je suis toujours attachée à ne pas en dire trop sur les livres que je chronique. Mais là, peu semble déjà trop. J’ai même tronqué le résumé, pour que votre voyage soit entier.

Je ne veux pas gâcher le plaisir, la découverte. Je ne veux pas gâcher l’étonnement d’un style et d’une écriture si fluide, si facile et pourtant si maitrisée. Encore moins la puissance du récit.

La délicatesse

« Comment être le père d’un fils quand on n’a pas été le fils d’un père ? »

Korsakov, c’est l’histoire d’une histoire, une histoire de famille(s), une histoire d’amour, une histoire d’identité. L’histoire d’un enfant qui devient adulte. L’histoire d’un adulte qui perd ses souvenirs et qui ne garde que ceux qui ne sont pas de lui, qui reconstruit son histoire et qui alors, choisit son identité.

C’est l’histoire du passage de la nuit à la lumière. De l’absence à la reconnaissance. Tout en délicatesse.

De cette délicatesse transparait une force incontestable. Force des caractères, dans leur fragilité. Force de l’histoire dans sa maitrise : les détails et les récits de Bordeaux, de Palerme et de la Tunisie sont prenants. Je ne connais aucun de ces lieux, pourtant, j’y ai vécu le temps de Korsakov.

Korsakov est un récit fort, où la perte de mémoire se fait l’alliée d’une quête d’identité.

C’est le récit de choix de vie. Qui rongent et qui forgent.

Lire Korsakov, c’est aussi rêver qu’écrire est facile. Que raconter une histoire, c’est aussi simple que ça.

La phrase : « Ce bateau le retient, qui n’est pas un bateau

Le tip : Foncez ! Lisez !

L’itinéraire : Eric Fottorino, Korsakov, Ed. Gallimard, 2004. 480p.

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