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Les quatre accords Toltèques, Don Miguel Ruiz


J’ai enfin lu Les quatre accords Toltèques. Il était temps.

Autant parce que ce livre a été traduit en langue française dès 1999 que parce que je l’ai commencé cinq fois avant de poursuivre définitivement ma lecture.

Le livre de Don Miguel Ruiz ne m’a pas laissée de marbre. Je viens de le finir et je suis dans un état quasi végétatif, entre réflexions intenses et absence sévère de pensées.

Au pays de : « Les quatre accords proposent un puissant code de conduite capable de transformer rapidement notre vie en une expérience de liberté, de vrai bonheur et d’amour. Le monde fascinant de la Connaissance véritable et incarnée est enfin à la portée de chacun. »

La connaissance véritable enfin à la portée de chacun ? En voilà une promesse alléchante ! Je suis toute « ouïe ».

Bien avant ma lecture de Marie Kondo sur La magie du rangement, j’étais déjà assez intéressée par les réflexions sur le soi. Ce « soi » qui peut devenir autre, afin de révéler in fine le vrai soi. Sans être une prêtresse du développement personnel, j’y suis assez sensible.

J’avais beaucoup entendu parler des Quatre accords Toltèques. Dans l’absolu - le buzz médiatique est venu des États-Unis - , et en « conseil direct ». Il fallait que je le lise.

La promesse

« La parole est une graine et l’esprit humain est si fertile. »

Assez court et suffisamment organisé pour être percutant, efficace et pertinent - le livre se compose des fameux accords, entourés de propos liminaires et conclusifs -, Les quatre accords Toltèques me semblaient être un format assez attractif. Effectivement, aux quatre accords correspondent quatre chapitres. Simple et pragmatique.

Ces accords, ou principes, credo, engagements sont des mini-contrats que l’on passe avec soi-même. Une sorte de chemin à suivre pour parvenir à plus de liberté, et moins de « domestication ». Les accords sont très accessibles. J’aime assez ce principe de simplicité. Nul besoin de recettes magiques pour atteindre la voie de la liberté personnelle.

Et selon moi, s’aider d’un « guide » peut-être une méthode assez utile pour trouver des clés déverrouillant des blocages tout en se respectant.

La profonde réticence

« Je n’ai pas besoin d’être accepté. »

Malheureusement, c’est justement là que le bât blesse. S’aider d’un guide, avec plaisir. À condition que ce guide propose, sans être péremptoire, une voie qui n’est pas unique.

Outre l’introduction, que j’ai eu beaucoup de mal à digérer (je l’ai ainsi lue probablement 5 fois en un an avant de réussir à aller plus loin), j’ai été plusieurs fois mal à l’aise à la lecture de ce livre.

Sur la forme, je ne suis pas si étonnée. Les rares livres de développement personnel que j’ai lu sont toujours écrits « à l’américaine ». Est-ce l’écriture originale ? Est-ce la traduction ? Je n’aime pas les familiarités quand elles ne servent aucun propos.

Je n’accroche pas plus avec le rapport assez prononcé à la religion, en tout cas, dans le vocabulaire utilisé : « paradis », « enfer », « royaume des cieux ». Peut-être est-ce là pour rendre la parole plus puissante, plus compréhensible, à la manière, justement, des paraboles. Or ici, je ne m’attendais pas - sans doute à tort - à trouver autant de religion dans la spiritualité…

Plus important enfin, et sur le fond, les propos m’ont à plusieurs reprises interrogée sérieusement.

Pour étayer ses enseignements, l’auteur s’appuie sur des postulats qui me semblent pour certains, parfois un peu dangereux.

« Le monde entier peut vous calomnier : du moment que vous n’en faites pas une affaire personnelle, vous êtes immunisé. »

Ainsi, l’un des accords est de « ne jamais en faire une affaire personnelle ». Soit. Cela aide à prendre de la distance. Or l’auteur va plus loin et selon moi, incite presque à ne pas écouter l’autre. Pourquoi ? Parce que l’on sait qu’on est « magnifique ». Pas besoin de l’autre, je suis magnifique par essence.

Ne vit-on qu’avec soi-même ? Pour être libre, doit-on être seulement centré sur soi ?

« Il vous suffira d’avoir confiance en votre capacité d’effectuer des choix responsables ».

Plus encore, et alors même que le fondement de la théorie de Don Miguel Ruiz est que chaque être est un magicien noir domestiqué, l’auteur part du principe que chaque personne est incontestablement moralement valide et que la seule confiance personnelle en sa propre responsabilité suffit. Mais suffit à quoi ? Annihiler l’environnement ? N’est-ce pas considérer la notion de liberté sans aucun rapport à l’Autre. La liberté entièrement pour soi. L’égoïsme, non ?

Peut-être ai-je mal vu, mal lu, mal compris. Il y a évidemment de bons conseils, comme celui de ne jamais sur-interpréter, et comme celui, surtout, de comprendre que la parole est une force, et qu’il faut savoir la maitriser.

La phrase : « C’est la pratique qui fait le maître. »

Le tip : Être ouvert, mais se munir de son esprit critique.

L’itinéraire : Don Miguel Ruiz, Les quatre accords Toltèques, Éd. Poches Jouvence, 1999. 128 p.

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