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Les mille et une gaffes de l’ange gardien Ariel Auvinen, Arto Paasilinna


Drôle d’envolée cette semaine. En Finlande, comme attendu avec Arto Paasilinna, mais un peu plus haut que d’habitude. Sur les nuages, dans le ciel et sur terre, avec des anges Gabriel par dizaine, des Paul et un Ariel.

Je connais un peu Arto Paasilinna et j’ai toujours aimé son style, sa légèreté teintée d’humanisme et d’engagement. Je crois aussi qu’au moment de ma rencontre avec ce livre, j’avais bien envie d’aller voir du côté des anges gardiens.

J’avais envie de légèreté, d’humour grinçant, d’un peu de cynisme, d’une belle nature et de paix.

Au pays de : « On l’ignore, mais chaque année, dans l’église de Kerimäki en Finlande, a lieu un séminaire de formation des anges gardiens. En moins d’une semaine, l’ange Gabriel et ses assistants ont la lourde tâche de leur apprendre à protéger un mortel et à le guider sur le droit chemin. Parmi les célestes apprentis se trouve Ariel Auvinen, ange aussi zélé que maladroit. »

L’impatience

J’attendais probablement de ce voyage un peu plus que des autres, et pour cause : aller plus loin que n’importe quel pays n’est pas un voyage si commun dans les oeuvres littéraires contemporaines.

J’avais déjà été captivée par les précédents livres de l’auteur, à la fois par l’univers mi-réel mi-fantastique des histoires et la rudesse des personnages mise à mal par la finesse des mots avec lesquels ils sont décrits.

Je m’attendais à rire et à trouver dans cet humour burlesque, un refuge qui fait sens.

Un sens. Peut-être même une croyance. Du répit.

J’espérais peut-être une réflexion sur la vie, une pirouette.

Pourtant, là n’était pas l’objet de l’auteur. Et tant mieux, peut-être.

La déception

Tant mieux, sans doute. Mais je n’ai pas trouvé mon compte dans Les mille et une gaffe de l’ange gardien Ariel Auvinen.

C’est drôle, c’est certain. La plume d’Arto Paasilinna est toujours aussi agréable à suivre. Les sautes d’humeur de son écriture sont réjouissantes.

Mais j’ai cherché au début du roman ce qui en faisait l’intérêt, mon impatience m’a fait tenir.

À la moitié du roman, je me suis lassée. L’ange est maladroit, très bien. Son excès de zèle céleste ne fait que mettre son protégé dans des situations rocambolesques, voire dangereuses. Certes. Et ensuite ?

Ensuite rien. Voici tout le roman. C’est ainsi que l’on passe le temps. À apprendre combien il y a d’anges Gabriel dans le ciel, comment une petite frappe perdra la vie par excès de perfectionnisme, à suivre l’achat de deux corbillards, leurs avantages, leurs nouveautés, ou à lire la description de bouteilles de vin.

Arto Paasilinna est rude. Sans fioritures. Et de fait (ou paradoxalement?), il ne nous épargne rien. La vie est là. Sans miracles et sans pirouettes. Remplie d’anecdotes.

La phrase : « Les anges ont des capacités de vol équivalentes à celles des hélicoptères de combat les plus modernes. Et ils n’ont pas besoin de pistes d’atterrissage. Mais ils ne peuvent guère transporter de charges, à part peut-être un sac à dos ou autre balluchon, ou par exemple, une bible. »

Le tip : Si vous n’avez jamais lu Arto Paasilinna, vous pouvez aussi aller chercher du côté du Lièvre de Vatanen, du Meunier Hurlant ou du Bestial serviteur du pasteur Huuskonen.

L’itinéraire : Arto Paasilinna, Les mille et une gaffe de l’ange gardien Ariel Auvinen, Éditions Gallimard, Coll.Folio, 2014. 240 p.

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