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Le Maître des jardins noirs, André-Marcel Adamek


Le Maître des jardins noirs est un livre court. Court, mais suffisamment bien mené pour nous plonger en hiver, et nous emmener quelques heures, quelques jours, le temps d’un gel ou d’un dégel dans un village isolé en plein coeur de la France.

Au pays de : « À Champleure, un coin reculé de la campagne, Quentin, un traducteur, Anaïs et leurs trois enfants viennent d’emménager dans leur nouvelle demeure. La famille pense avoir trouvé un havre de paix. C’était sans compter la curiosité des voisins, un vieux couple qui s’intéresse à la vie et à l’histoire des nouveaux venus. Au fil des jours s’établit un lien ambigu entre ses personnages. »

L’entrée

Partir à la campagne. S’y réfugier pour s’y ressourcer. Se laisser épier par des voisins dont la présence se fait à la fois discrète et pesante. Se laisser observer. Laisser les fruits de la nuit hanter nos jours. Entrer dans le jeu. Laisser naître la puissance que procure le regard de l’autre. Chercher la jouissance, provoquer l’obsession.

Je n’ai émergé de l’histoire qu’en refermant le livre.

Peut-être est-ce dû au pouvoir de ce huis clos rural ? J’y participe, je regarde par la fenêtre, je suis dans le coin du grenier, au hasard d’une porte de chambre, je m’inquiète des fourmis dans le placard.

On se salue, on s’observe. Le « on » est puissant, il réussit à m’inclure. André-Marcel Adamek détruit la distance : ils sont là, et moi aussi.

L’étrange

Partir à la campagne. S’y installer pour qu’une seconde chance en émerge. Bouleverser sa vie. Bouleverser la leur. Rester silencieux, ne pas trop en dire. Faire naître des secrets et laisser grandir des mystères.

Comme dans du coton, je suis un peu sonnée par l’atmosphère orageuse, entre réalité et conte hivernal. Pressée par la rapidité des évènements. Je lis vite, aussi vite que la narration me l’autorise.

C’est grisant. J’aurais aimé rester grisée par l’écriture simple et efficace, pourtant emplie d’étrange d’André-Marcel Adamek, qui, s’il nous emmène au cœur de son roman, nous laisse suffisamment d’espace - d’interlignes - pour « inter-lire ».

La saison est humide, le livre est sombre. Sombre comme ces jours d’hiver où le temps ne se lève pas. Où le temps se suspend aux nuages. Où l’on ne comprend plus bien. Quelle heure est-il ? Pourquoi ai-je passé autant de temps à la fenêtre ?

Mais pourquoi ai-je passé autant de temps à cette fenêtre ? Ne s’est-il donc rien passé ?

La phrase : « La marée du silence monte autour de moi »

Le tip : Même en plein soleil, il fera un peu froid, prenez une petite laine pour vous couvrir.

L’itinéraire : André-Marcel Adamek, Le Maître des jardins noirs, Espace Nord, 2016. 144p

Le guide : Découvert grâce à la box littéraire Exploratology

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