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Le vent se lève, Sophie Avon


Au pays de : « Lili a vingt ans, au début des années quatre-vingt, quand elle embarque avec son frère Paul sur le voilier Horus. Paul est un marin passionné, mais traverser un océan n’est pas une mince affaire ! De port en port, au gré des escales, dans des conditions parfois rudes, frère et sœur progressent vers les tropiques. […] »

C’est en refermant le livre de Sophie Avon que j’ai lu la 4e de couverture. Et c’est en parcourant cette 4e de couverture que le « résumé » m’a frappée : il a la fraicheur d’un livre jeunesse.

L’intimité

Et c’est sans doute cette fraicheur, justement, que j’ai retrouvée sans pouvoir la nommer, en lisant Le vent se lève. Peut-être m’a-t-elle même étonnée, fait un peu vaciller. Sophie Avon part en voyage avec Lili qui les fait bien, ses vingt ans. Sophie Avon suit Lili, ses réflexions, ses aventures, au gré des flots. Et parce qu’un bateau, c’est pas très gros, je me suis trouvée nez à nez avec cette Lili de vingt-ans, pendant toute une croisière. Sans autre échappatoire que l’horizon, et les ports d’une nuit.

J’ai donc écouté les pensées intimes de la jeune fille, ses questionnements sur l’avenir d’un amour tout juste rencontré, la viabilité d’une relation à distance. J’ai recueilli ses confessions, elle qui s’endort lorsque vient son tour de garde. Assise dans un coin de la cabine, entre les conserves de poissons et les sachets lyophilisés, j’ai assisté à son histoire sans histoires.

Je l’ai écoutée comme j’aurais pu lire le journal intime d’une amie, en attendant de prendre le grain et d’être étonnée par les paysages toujours changeants des côtes longées. Pour faire passer le temps. J’ai appris avec elle la patience, le silence.

Hors champ

Le silence marque, le moral et la peau : comme en plein milieu du livre, en plein milieu des mers, il n’y a « rien à faire ». Rien à faire que lire. Le silence. Que soupçonner ses origines. Lire Lili au-delà de ce qu’elle confie. Comprendre ce qu’aurait pu être l’histoire.

Le vent se lève est comme sa non-héroïne : à contre-courant. Il suit son cap et s’éloigne de l’histoire, restée à quai. Seule la fin proposera aux lecteurs quelques bribes du passé de Lili, éclairant ici ou là les sourds malaises d’une femme en quête d’identité.

Comme Lili, Le vent se lève navigue en sens inverse, il préfère nous offrir la trace subtile du voyage de son personnage, que l’explication évidente des raisons de celui-ci. Sur l’eau, seules les sensations importent. L’histoire n’a aucune importance, seul le voyage compte. C’est d’ailleurs quand le voyage s’arrête que l’histoire revient. Mais c’est, justement, une autre histoire.

La phrase : « La mer nous colle aux semelles. »

Le tip : Laissez-vous porter, regardez l’horizon, il n’y a rien d’autre à faire.

L’itinéraire : Sophie Avon, Le vent se lève, Éditions Mercure de France, 2016. 176 pages.

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